Les 30-31 janvier et 01 février 2026 c'est tenu à Lyon le
39ème Congrès de l'Amicale de Neuengamme et de ses kommandos
Accueil des Congressistes
Le 39e congrès de
l’Amicale de Neuengamme et de ses kommandos, qui regroupe des familles de
détenus de ce camp de concentration situé au sud-est de Hambourg, s’est tenu à
Lyon, du 30 janvier au 1er février. À l’affiche des événements proposés, on
notait une visite du Mémorial national de la prison de Montluc et la
présentation de leur spectacle Vénissieux
la belle, la rebelle par les jeunes Vénissians de
l’association Envole-moi Envolons-nous, présidée par Nadia Bachmar.
Nous en avons déjà parlé : cette enseignante de Louis-Pergaud a
initié ce projet avec ses élèves d’une classe de CM1 il y a six ans.
Aujourd’hui, Adem, Aymane, Amar, Amir, Brayane, Divine, Djibril, Guershom,
Mariame, Salman et Suleyman le poursuivent au sein de l’association et sont
scolarisés en seconde à Vénissieux (Jacques-Brel et Sembat-Seguin) mais aussi à
Lumière, Lacassagne, Aragon-Picasso à Givors, La Martinière et Ella-Fitzgerald
à Saint-Romain-en-Gal.
Le 30 janvier, devant la cinquantaine de congressistes présents,
les jeunes ont félicité leur ancienne enseignante, avec qui ils ont passé « des années de travail et de réflexion ».
Ils rappelèrent la phrase de Churchill que Nadia Bachmar cite volontiers : « Si le présent juge le passé, il perd l’avenir. »
Le 30 janvier,
les congressistes eurent l’occasion d’aller au Mémorial national de la prison
de Montluc, une excursion dont on ne ressort pas indemne. Grâce aux
explications claires et efficaces de Séverine Koprivnik, la médiatrice
culturelle, les visiteurs ressentirent l’émotion de se retrouver dans ces lieux
où furent torturés et enfermés près de 11 000 personnes entre janvier 1943 et
août 1944. Ce fut l’occasion, pour l’Amicale, de déposer une gerbe en leur
hommage, tandis qu’Akim, premier violoniste de l’orchestre philharmonique de
Kiev, aujourd’hui réfugié en Suisse, entonnait le Chant des marais, celui des Partisans et quelques mélodies ukrainiennes,
devant la gerbe puis devant la cellule où fut détenu le père de Jean Curial (le
président de la section Auvergne/Rhône-Alpes de l’Amicale), avant d’être
déporté à Neuengamme.
Faire exister une mémoire, voilà ce qui nous rassemble aujourd’hui
Nous avons fait le choix d’une
politique mémorielle apaisée, lucide et inclusive, qui ne hiérarchise pas les
douleurs, mais qui les reconnaît toutes
La mémoire ne se divise pas. Elle se construit
ensemble, dans la justice, la vérité et la transmission.
Et comme le disait Gisèle Halimi : « On ne se
réconcilie pas avec le silence. Mais avec la justice et la mémoire. » "
Reçus en préfecture
Le
31 janvier, l’enseignante et ses anciens élèves, accompagnés par le chorégraphe
vénissian Azdine Benyoucef, étaient invités à la cérémonie qui se déroulait à
la préfecture, en hommage au préfet résistant Édouard Bonnefoy, interné à
Montluc et Neuengamme et disparu en 1945 dans la baie de Lübeck, lors du
naufrage des bateaux dans lesquels les nazis avaient entassé les déportés. Ce
fut l’occasion pour les jeunes de rencontrer Fabienne Buccio, la préfète de la
région Auvergne/Rhône-Alpes et du Rhône, et le magistrat Jean-Olivier Viout,
qui fut substitut général lors du procès Barbie, en 1987.
Lequel expliqua, lors du congrès : « L’Histoire n’a d’intérêt que si on en tire des leçons (…) Le fanatisme n’est pas mort en 1945. On ne naît pas bourreau ni fanatique, on le devient. C’est le même process avec les jeunes qui s’entourent le ventre de ceintures d’explosifs. J’ai rencontré Élie Wiesel au procès Barbie, qui disait que le bourreau tue toujours deux fois, la deuxième par l’oubli. Si lbourreau venait à tuer à nouveau, ce ne serait plus de sa faute mais de la nôtre. »
Mr. Viout
Mmes Bonnefoy belle-sœur et petite-fille du Préfet Bonnefoy
























Commentaires
Enregistrer un commentaire